©Théâtre du Fust / Cie Emilie Valantin

Note d’intention d’Emilie Valantin

"Puisque notre vie s'est écoulée dans la concorde, puisse-t-elle prendre fin a la même heure. (*)"
Est-il bien sérieux, ce conseil des dieux, présidé comme il se doit par Jupiter ?
A l'ordre du jour, querelles et médisances, unanimité moins une voix - celle de Cérès - pour critiquer les mortels. Jupiter et Mercure iront sur terre voir cela de plus près, déguisés en pèlerin. La seule porte qui s'ouvre à eux est celle de la cabane de Philémon et Baucis, pauvres, vertueux, fidèles époux, venant d'éprouver un grand malheur, pieux de surcroît.
Et voila Jupiter, champion de l'infidélité, forcené de la procréation sous toutes ses formes, confronté aux vertus rustiques, sous l’œil et les commentaires narquois de Mercure. Des cinq opéras pour marionnettes que Haydn composa pour la cour du prince Nikolaus Esterhazy, « Philémon et Baucis » est le seul qui nous soit parvenu. Le "théâtre de poupée" qui le créa en 1773, devant l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, lui donna sans doute une certaine
ingénuité.
Aujourd'hui, au contraire, les marionnettes nous autorisent des digressions induites par la musique de cet opéra en principe édifiant, où Jupiter tonne et Mercure étonne. Et où les humains montrent un exemple que les dieux ne sont pas décidés à suivre !
"Et comme il arrive toujours, l'aventure récente fait remonter aux anciennes (*)"
(*) Ovide, "Les Métamorphoses"

 


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